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Est-ce bien de méditer alors que le monde est en crise et que la pauvreté augmente ?

crise

par Osho

Souvent, en France, nous pensons que la méditation est un acte égoïste. Notre culture chrétienne alimente certainement ce sentiment de culpabilité : « Comment puis-je méditer, être en paix avec moi-même alors que des milliers de gens font face à des difficultés économiques voir même à la pauvreté ? »

Osho répond à une question d'une personne qui lui a posé une question sur ce thème :
Je me sens coupable d'aller méditer, alors que les pauvres ne le peuvent pas. Pouvez-vous m'aider ?

Ne vous sentez pas coupable ; je vous en prie, si c'est le cas, ne méditez pas.
Laissez-moi vous raconter une anecdote.

Martha était mourante. Dans son dernier souffle, elle se tourna vers Abe et lui demanda : «Abe, avant que je ne meure, fais-moi l'amour une dernière fois. »
Abe répondit: « Comment peux-tu me demander une chose pareille ? Je te tuerais ! »
Martha supplia : « Chacun a droit à une dernière requête avant de mourir. Tu devrais m'accorder ce dernier vœu. »
Abe répliqua : « D'accord. » Il se mit au lit et lui fit l'amour. À peine eut-il fini qu'elle sauta hors de son lit complètement guérie, courut en bas des escaliers, commença à plumer un poulet et cria au salon où se trouvaient les enfants que le dîner serait prêt dans une heure.
Les enfants, abasourdis, se précipitèrent en haut, vers leur père qui pleurait, assis sur une chaise. Ils lui dirent : «Papa pourquoi pleures-tu ? C'est un miracle ! Maman est complètement guérie ! »
Il rétorqua : « Je sais, mais quand je pense à ce que j'aurais pu faire pour Eleanor Roosevelt ! »

Avez-vous compris cette anecdote ?

« Je sais, mais quand je pense à ce que j'aurais pu faire pour Eleanor Roosevelt, c'est pour cela que je pleure. »
Ne pensez pas à Eleanor Roosevelt, et ne pleurez pas inutilement. Si vous avez honte, ne méditez pas - parce que se sentir coupable est très mauvais, et je veux que personne ne se sente coupable. Dans ce cas, allez servir les pauvres. Si vous voulez méditer, oubliez le monde entier. Si vous pensez au monde, vous ne pourrez jamais lâcher prise.

Votre vie est courte... votre vie est vraiment très courte : vous ne savez pas si vous existerez ou non dans l'instant qui suit. Et ne vous sentez pas triste pour les pauvres, tout d'abord parce que les pauvres ne sont peut-être pas prêts à méditer. Car je connais bien les pauvres : j'ai beaucoup voyagé Inde et je suis né dans ce pays; je connais les pauvres. Lorsque parfois ils viennent à moi, ils viennent pour d'autres raisons. Ils ne viennent jamais pour une raison où la méditation peut leur être utile. Ils viennent : leur fils ne trouve pas de travail, alors ils me demandent : «Osho, bénis-nous». Ils viennent parce que leur femme est malade, parce que quelqu'un n'a pas d'enfant, «Bénis-nous». Ils viennent pour d'autres raisons, mais pas pour des raisons religieuses. Une personne pauvre ne peut avoir de raison spirituelle ou religieuse, c'est la simple vérité ; elle meurt de faim. Son problème n'est pas religieux, il est physique. Seule une personne riche peut avoir des problèmes spirituels. La spiritualité authentique est un sous-produit de l'abondance ; c'est un luxe !

Lorsque vos besoins corporels sont satisfaits, alors surviennent les problèmes psychologiques. Un pauvre n'a jamais de problèmes psychologiques; vous ne le verrez jamais chez le psychanalyste. En avez-vous jamais vu ? Il n'a pas de problèmes psychologiques. Lorsque vos besoins corporels sont complètement satisfaits, vos problèmes se déplacent : ils prennent une forme supérieure, ils se déplacent plus haut - ils commencent à devenir psychologiques.

Les Indiens sont très contents de ne pas avoir beaucoup de problèmes psychologiques, de ne pas avoir besoin de psychiatres en Inde. Et ils sont très intrigués - pourquoi l'Amérique a-t-elle tant de psychiatres ?
Et ils sont navrés pour l'Amérique, car ils pensent : « Pauvres gens, ils souffrant tant de maladies mentales. »
Ils ne comprennent pas que la maladie mentale est une bénédiction; elle montre tout simplement que les besoins physiques sont comblés. Maintenant, la personne peut se permettre d'être malade mentalement.

Lorsque les besoins mentaux sont satisfaits, alors naissent les besoins religieux, spirituels, jamais avant.

Aussi ne vous attristez pas sur le sort des pauvres. C'est comme si vous voyiez jouer un petit enfant et que vous vous disiez : "Pauvre enfant, il ne peut encore jouir du sexe. » Cela vous regarde si vous vous sentez coupable, et si vous désirez vous sentir coupable, vous êtes libre. Et si vous désirez cesser de faire l'amour avec votre partenaire, cessez – « car ces petits enfants... ils ne peuvent encore faire l'amour ».
Ils feront l'amour en leur temps. Chacun suit sa propre maturation. Et si un pauvre s'intéresse vraiment à la spiritualité, il trouvera le moyen de venir à la méditation. Personne ne peut l'en empêcher. Il y a beaucoup de pauvres ici dans mon centre de méditation : ils trouveront un moyen, ils feront tout ce qu'ils peuvent et ils viendront. C'est leur intensité qui les amènera. Ce n'est pas votre pitié qui va les aider.

Une seule chose peut résulter de votre pitié : vous allez manquer l'opportunité de vous transformer par la méditation et la thérapie.

Voici une petite histoire :

Un jour, un homme d'affaires juif péchait dans un lac lorsqu'il attrapa un poisson d'une espèce qu'il n'avait jamais vue auparavant. Il avait des écailles d'or et des nageoires d'argent qui brillaient et étincelaient tandis qu'il frétillait au fond du bateau. Soudain le poisson fit sursauter l'homme d'affaires en lui parlant: « Bon Monsieur, implora le poisson, rejette-moi dans le lac, et je t'accorderai trois vœux. »
L'homme écouta attentivement et dit :
— Propose-m'en cinq, et l'affaire est conclue.
— Je ne puis en accorder que trois, haleta le poisson.
— Quatre et demi, proposa l'homme.
— Trois, soupira le poisson, de façon à peine audible.
— D'accord, d'accord, dit l'homme, faisons un compromis pour quatre vœux. Qu'en dis-tu?
Mais cette fois le poisson ne répondit pas. Il gisait mort au fond du bateau.

La vie est très courte. Vous ne serez pas toujours ici.

Profitez de l'occasion qui vous est donnée, et profitez-en autant que vous pouvez. Que votre flamme intérieure brille clairement, et alors vous pourrez aller vers les pauvres et les aider vraiment à ce moment là. Cela sera une aide qui viendra d'un espace différent. Pour l'instant, vous vous sentez simplement coupable et les pauvres ne gagneront rien à votre culpabilité; La seule chose est que vous manquerez certainement votre chance de grandir en conscience dans cette vie.

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